Soleil, likes et mensonges:
comment les réseaux sociaux contribuent à augmenter le risque de cancer de la peau
Que ce soit « la crème solaire est mauvaise pour la santé » ou « un bronzage de base protège votre peau » : les jeunes sont aujourd’hui submergés d’informations erronées sur les réseaux sociaux, sur la protection solaire. Ce flux de fausses informations et de désinformation a aujourd’hui un impact clair sur leurs comportements à risque face au soleil.Avec sa campagne annuelle, Euromelanoma mise donc pleinement sur un message central : diffuser une information correcte afin de corriger ces comportements à risque et, à long terme, pouvoir sauver des vies.
Les chiffres ne laissent guère de place à l’interprétation. Environ un cancer sur trois diagnostiqués aujourd’hui est une forme de cancer de la peau. Le cancer de la peau reste le cancer dont l’incidence augmente le plus rapidement en Belgique. « En vingt ans, nous constatons une augmentation de pas moins de 500 % du nombre de nouveaux cas. Aucun autre cancer humain ne connaît une telle évolution », explique Thomas Maselis, dermatologue et président belge d’Euromelanoma. « Aujourd’hui, un Belge sur cinq est confronté à un cancer de la peau avant l’âge de 75 ans. » Cette augmentation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de décennies d’exposition aux rayons UV, combinées à l’évolution des idéaux de beauté et des comportements.
Thomas Maseslis: « Une peau bronzée est toujours associée au luxe, aux vacances et au bonheur. Mais en réalité, le bronzage n’est rien d’autre qu’une réaction de défense de la peau contre les dommages causés à l’ADN. D’ailleurs, ce sentiment de « bonheur » n’est pas le fruit du hasard. Les rayons UV stimulent la production d’hormones telles que la dopamine et les endorphines. Cela procure un sentiment de bien-être passager et peut même créer une légère dépendance. Il est donc d’autant plus difficile de mettre fin à ces comportements à risque. »

Dr. Thomas Maseslis
Ce changement de comportement est pourtant nécessaire. Le dernier rapport UV de la Fondation contre le Cancer révèle que 56 % des Belges ont subi un coup de soleil en 2025. Les chiffres sont particulièrement préoccupants chez les jeunes de 16 à 24 ans : 72 % d’entre eux ont eu un coup de soleil l’année dernière, alors qu’à peine la moitié se protège du soleil pour l’éviter. Dans ce contexte, Euromelanoma met en avant cette année un nouveau thème annuel : l’influence de la désinformation et des fausses informations en ligne sur la protection solaire.
Réseaux sociaux : les « likes » renforcent les comportements
Avec plus de 77 % des Belges actifs sur les réseaux sociaux – et même 85 % chez les jeunes –, des plateformes telles que TikTok et Instagram jouent un rôle important dans la manière dont l’information est diffusée et interprétée. « L'impact des réseaux sociaux ne réside pas seulement dans ce que les jeunes voient, mais surtout dans la façon dont ils le vivent », explique le psychologue Julien Tiete, affilié à l'Université libre de Bruxelles (ULB).

« Les « likes » et les commentaires positifs renforcent les comportements. Lorsque les jeunes constatent qu’un teint hâlé est très apprécié, ce signal l’emporte souvent sur la connaissance des risques. » Le baromètre UV de la Fondation contre le Cancer le confirme également : 60 % des jeunes accordent de l’importance à un teint hâlé après l’été et 40 % préfèrent même attraper un coup de soleil plutôt que de rentrer de vacances sans avoir bronzé.
Selon Tiete, il ne s’agit pas d’un processus purement rationnel. « La perception des risques est souvent moins développée chez les jeunes. L’émotion, la reconnaissance et la validation sociale jouent un rôle plus important. C’est pourquoi les messages de prévention classiques – qui misent sur la peur ou les explications techniques – ne fonctionnent souvent pas. La prévention doit venir de personnes dans lesquelles les jeunes se reconnaissent : des pairs, des influenceurs, des modèles. C’est un processus culturel et social, pas une question purement médicale. »
« L’algorithme ne montre pas ce qui est vrai, mais ce qui reste en tête »
Cette dynamique représente également un défi pour les créateurs de contenu. « Les réseaux sociaux ne montrent pas ce qui est le plus correct, mais ce qui génère le plus d’engagement », explique Charlotte De Loose, journaliste beauté chez Flair. « La controverse, la peur et les solutions simplistes retiennent davantage l’attention que les informations scientifiques nuancées. »
Selon De Loose, la répétition joue ici un rôle crucial. « Plus on voit quelque chose, plus cela devient crédible – même si c'est faux. C'est ce qu'on appelle l'« effet de vérité illusoire ». Et c'est précisément ce mécanisme qui rend la désinformation si tenace. Bien sûr, il y a aussi des opportunités, les réseaux sociaux ne sont pas un ennemi. C'est l'endroit par excellence où les jeunes cherchent des informations aujourd'hui. Mais nous devons alors y être présents avec un contenu correct, attrayant et accessible. »

Les dermatologues en constatent les conséquences dans leur pratique
L’impact de cette désinformation en ligne se fait également sentir dans les cabinets médicaux. Karlijn Clarysse, dermatologue et influenceuse : « De plus en plus souvent, les consultations commencent par la démystification de fausses croyances que les patients ont glanées en ligne. Nous voyons des jeunes qui évitent la crème solaire, banalisent les coups de soleil ou sous-estiment les risques. » Le moniteur UV de la Fondation contre le Cancer dresse un tableau similaire. Ainsi, 49 % des jeunes pensent qu’un teint hâlé protège contre les coups de soleil. Parallèlement, 53 % estiment qu’il y a peu de chances qu’ils développent un jour un cancer de la peau.
« Cela a des conséquences concrètes. Parfois, les gens repoussent un contrôle parce qu’ils sont rassurés par ce qu’ils voient en ligne. Cela peut conduire à des diagnostics tardifs, avec toutes les conséquences que cela implique. » Selon Clarysse, les dermatologues doivent donc eux-mêmes jouer un rôle plus actif. « Nous ne pouvons plus nous contenter de travailler en coulisses. Nous devons être visibles, communiquer en ligne et traduire les connaissances médicales en informations compréhensibles et attrayantes. »

Des fausses informations aux informations fiables
Avec sa campagne de 2026, Euromelanoma souhaite non seulement sensibiliser le public, mais aussi lutter activement contre la désinformation. L'approche est claire : les affirmations erronées qui circulent en ligne sont identifiées, réfutées et remplacées par des explications concises et correctes, accompagnées de renvois vers des sources fiables. « L'objectif reste le même que toujours. Toucher le plus grand nombre de personnes possible avec des informations correctes, afin qu'elles se protègent mieux du soleil et détectent le cancer de la peau à un stade précoce. Mais aujourd'hui, nous devons aussi gagner cette bataille en ligne », conclut Thomas Maselis.
Du bullshit à une information fiable
Avec sa campagne 2026, Euromelanoma souhaite non seulement sensibiliser le public, mais aussi lutter activement contre la désinformation. Le concept « Bullshit » est au cœur de cette campagne. Via leurs canaux digitaux, Euromelanoma, met en lumière et déconstruit des affirmations erronées qui circulent sur les réseaux sociaux. A campagne, Euromelanoma répond directement aux contenus que les jeunes consomment au quotidien, avec des fact-checks courts et clairs qui répondent aux mythes les plus répandus. « L'objectif reste le même que toujours. Toucher le plus grand nombre de personnes possible avec des informations correctes, afin qu'elles se protègent mieux du soleil et détectent le cancer de la peau à un stade précoce. Mais aujourd'hui, nous devons aussi gagner cette bataille en ligne », conclut Thomas Maselis.
À propos d'Euromelanoma – www.euromelanoma.eu
Présent dans 33 pays, Euromelanoma est un réseau engagé de dermatologues européens ayant pour ambition de sensibiliser au cancer de la peau. Pour y parvenir, il mise fortement sur l'information et la sensibilisation du grand public. D'autre part, les dermatologues partagent leurs connaissances et leur expérience scientifiques avec le secteur des soins. Ils collaborent également avec les décideurs politiques afin de garantir que les traitements des cancers de la peau soient totalement reconnus et pris en charge par les systèmes de santé. Euromelanoma a été fondé en 1999 par six dermatologues belges.
Dossier de fond_FR.docx
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Overview Bullshit digital campagne - Euromelanoma 2026
Plus d'infos
RCA I Charlotte Ries I Tél. +32 489 32 71 00 I charlotte.ries@rcapr.be I www.rcapress.be